Métis from the area of Lanaudière in #Québec.

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La réduction de Sillery et le fief Pachirini: premières réserves des autochtones chrétiens

En 1637, des missionaires de la Société de Jésus, les Jésuites, fondent une mission à l’extérieur du village de Kébec. Les Jésuites choisissent un site important aux Premières Nations, connue comme étant Kamisk8a 8angachitla pointe aux anguilles et l’endroit ou aller pêcher (connue ausdi comme Sillery).

Initialement, la réduction de Sillery est appelée la mission Saint-Joseph (à ne pas confondre avec son homonyme créé en 1680 au Pays des Illinois). L’objectif est la sédentarisation, la converstion au catholicisme et l’éducation des Premières Nations avoisinantes, soit des Nations Innue, Atikamekw,  Algonquin, la Nation Wendat et même quelques convertis de la Nation des Agniers et Abénakis. En même temps, les unions entre les Nations, incluant les colons, est encouragée par les missionaires, car ce type d’union

obligera tous les sauvages à aymer les François comme leurs frères. Ils nous tesmoignent le souhaiter avec passion, car ilz n’ont jamais plus de contentement de noz discours lors que nous leur promettons que nous prendrons leurs filles en mariage, car après cela ilz nous font mille aplaudissements. Ilz nous disent que quand nous ferons ce mariage, ilz nous tiendront comme de leur nation, considérant la descente et parenté des familles par leurs femmes et non par les hommes, d’autant, disent-ilz, que l’on sçait asseurément quelle est la mère de l’énfant, mais non pas asseurément qui en est le père.

Au début, les Jésuites pensent que

ces mariages ne peuvent produire aucun mauvais inconvénient, car jamais les femmes sauvages ne séduiront leurs maris pour vivre misérables dans les bois, comme font les peuples de la Nouvelle-France et les enfans qui naisteront de ces mariages ne peuvent estre autres que chrestiens, nouris et eslevez parmy les François et dans leur habitation, outre qu’il n’y a pas d’apparence, dans la docilité de ce peuple qui n’est prévenu d’aucune autre religion, que la femme estant mariée ne se laisse facilement résoudre a suivre la religion de son mary dans laquelle, quand elle ne considéreroit que la diversité de la vie, elle goustera une vie des anges auprès de la misère des autres femmes sauvages

Dans la première décennie, on renomma la mission en l’honneur de Noël BRÛLARD de Sillery, un Français devenu Jésuite qui avait donné ses biens pour établir une mission visant l’évangélisation des Premières Nations de la Nouvelle-France. On y bâtit des maisons, une chapelle, un moulin et une enceinte bastionnée.

Grâce au Registre de Sillery, qui contient les mariages et baptêmes, la liste des résidents de 1666 ainsi que l’Aveu et  Dénombrement de 1678, nous pouvons constater les actes des quelques 400 hommes, femmes et enfants qui vivaient à la Mission.

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Le Registre de Sillery reflète bien le rôle «panamérindien» de la mission de Sillery. Des représentants de plusieurs nations y passent ou y séjournent: en plus des Montagnais et des Algonquins du début, il y a des Attikameks, des Hurons, des Nipissiriens, des Abénaquis, des Socoquis, etc., qui viennent s’initier à la foi. La présence ou le séjour à Sillery de grandes figures du monde amérindien comme Noël Negabamat/Tekouerimat, Makheabichigiou, Pigarouich et Tgondatsa, confirment le rôle joué par Sillery dans les relations amérindiennes. Destinée d’abord aux Algonquins et aux Montagnais, Sillery accueille ensuite les Abénaquis, dont la présence est signalée de 1676 à 1688. C’est la période la plus dense du registre pour la fréquence des baptêmes. D’ailleurs, on constate que la plupart des baptêmes d’autochtones conférés à Sillery (1 099 sur 1 716, soit 64%)

À sa naissance l’enfant reçoit un nom amérindien qui lui est propre; au baptême, on lui donne un prénom chrétien. Les Amérindiens n’ont pas de patronymes et il est exceptionnel que l’enfant porte le même nom que son père. Un certain
nombre d’Amérindiens ont hérité de surnoms à la française, indiqués en français dans le texte latin: L’Arquebuze, Le Marchant, Castillon, Compère Colas, le grand Jacques, etc.

A partir de 1687, et pour des raisons non-apparentes, les familles panamérindiennes, maintenant parlant couramment la langue française, quittent Sillery et la mission est abandonnée.

Simultanément, les familles panamérindiennes du défunt Charles PACHIRINI, Sachem du clan Makwag de la Nation WESKARINI (surnommée la Petite Mission), abandonnent le fief Montmagny près de la rivière Tapiskwan, (connue comme le Saint-Maurice) où s’étaient installés ces Sauvages chrétiens.

Trois Rivieres

Dès 1690, on commence à retrouver les familles issues de ces deux emplacements à la Seigneurie de l’île Dupas-et-du-Chicot, que Charles AUBERT de la Chesnaye avait concédé à Louis DANDONNEAU et son beau-frère Jacques BRISSET. L’emplacement, qui consiste d’un réseau d’îles à l’amont du lac Nebesek (connue aussi comme Angoulème et Saint-Pierre), n’avait jamais été habité de façon continue auparavant. L’archipel était un endroit de pêche et de chasse utilisé par plusieurs Premières Nations avoisinantes.

En 1699, les deux endroits se voient enlevés des “Sauvages” et remis aux Jésuites. Le document indique que les “Sauvages” avaient abandonné les emplacements situés près des terres des Jésuites. Le document fût effectué entre Hector de CALLIÈRES et les Jésuites, sans participation ni consentement d’aucun représentant des Premières Nations.

Des recherches plus approfondies doivent avoir lieu afin d’examiner les impacts de ce document sur les revendications territoriales des descendants des Premières Nations qui s’étaient vus abrogés leurs droits à ces territoires.

Sources:

Pierre de SESMAISONS, Raisons qui peuvent induire Sa Saincteté à permettre aux François qui habitent la Nouvelle-France d’espouser dez filles sauvages, quoyque non baptisées ny mesmes encorre beaucoup instruictes à la foy chrestienne [avant 1635] MNFIII

Léo-Paul HÉBERT, Évangéliser les Amérindiens : Le vieux Registre de Sillery (1638-1688) Je me souviens… Numéro 31, automne 1992 URI : id.erudit.org/iderudit/8112ac

Jean COURNOYER, La Mémoire du Québec, de 1534 à nos jours, Stanké 2001

 

Les Métis de l’Est et le “négationnisme” du professeur Leroux: “Aiabitawisidjik wi mikakik”

Trahir

Par Sébastien Malette, Ph.D., professeur adjoint au Département de droit et d’études juridiques, Université Carleton*

Bois-Brûlés! Sang Mélé!
Mais au fond de ce sang, j’ai des mots sauvages que j’entends encore, et des désirs qui marchent et qui vont bien au-delà de vos clôtures.

Élodie, dans La Dalle-des-Morts de F. A. Savard, 1965

Introduction

Le 27 septembre 2017, le professeur de sociologie Darryl Leroux de l’Université Saint Mary’s a présenté une conférence à l’Université de Montréal, intitulée Le révisionnisme historique et l’autochtonisation : la création des « Métis de l’Est[1] ». Le sujet de sa conférence, en lien avec ses travaux antérieurs, interroge l’existence des Métis des provinces de l’Est du Canada que Leroux accuse de fraude ethnique et d’intentions hostiles envers ce qu’il considère être les « vrais » Autochtones[2]. En résumé, Leroux accuse les Métis des provinces de l’Est du Canada (et du Québec en…

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The North-West Rebellion (North-West Resistance)

Library and Archives Canada Blog

There are few historical events in our national story that solicit stronger opinions and create more debate than the disputes of 1870 and 1885 between the Métis in Western Canada and the Government of Canada. Various names refer to these two series of events, and their usage often reflects the loyalties, opinions and even biases of the user. Today, we see the application of such terms as rebellion, resistance, insurgency and disputes.

A cartoon drawing of Louis Riel with an angel’s wings, a devil’s tail, and a halo overhead but off to the side. He has the stem of a maple leaf in his mouth, as if it were a blade of grass. Louis Riel portrayed as a devil with angel wings, by Dale Cummings (MIKAN 3018796)

Arguably, the debate on the events of 1870 and 1885, Louis Riel, and the place of the Métis in our history and contemporary Canadian society has had an enduring effect on our national psyche. In March, 1885, an article published in The Globe of Toronto stated: “It is not given to every man to have caused two rebellions. In the history of…

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Letter to my grandchildren’s grandchildren.

Tcipaiatikw kicikaw, nicwaso Mikomin Pisimw – Friday, July 8th 2016.

Dear Nicapan,

Meema’s Atikamekw isn’t as good as yours – but I’m still learning.  I hope to be fluent in the language of Nitaskinan and teach your Noko – my Nitanis.

In Miroskamin, the highest Settler Court rendered a decision which has impacted the way you live today. But it wasn’t easy: we really had to work hard at pulling away from all the brainwashing that happened over the course of several centuries.

You see, the Euro-Canadians had made laws which were fought successfully, beginning right when Indigenous Peoples were allowed representation in the Settler’s Courts. A lot has been written about that already, and I’m sure that technology at this point is so advanced that you can probably access it just by thinking about it. Just in case it hasn’t, start HERE.

You are Métis. You live on Nitaskinan, land of Nehiraw Iriniw. We worked hard to work together for the stewardship and economic development of this land we love so much. And we broke the mold of “efficient market theories” taught to us. We decided to do things differently – think outside the box.

First, we lovingly educated and sometimes people who called themselves Indigenous, yet whose goals seemed to be destructive or disrespectful towards others.

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You know, Nicapan, that those feathers – while very pretty – are foreign to this Land

I don’t know this woman wearing a meaningless headdress. She called herself “Chief” – and Settler media used her to advance their objective of extinguishing Indigenous title based on blood quantum.

She opened the path to constructive discussions on reclaiming and lovingly educating our own.

You see, after SCC Daniels, people all over started coming out. They had no direction. The ruling was about two Métis men, a father and his son, as well as an Anishinaabe Ikwe and Mi’kmaq ge’tipnewinu. For a while, everybody focused on the Métis, but in reality, many more First Nations without status were affected by this ruling.

The government-sanctioned Indigenous organizations either remained quiet, or positioned themselves publicly against reclaiming people recognized as falling under the responsibility of the Settler’s Federal government. This led to the rise of many alternative organizations – some with good intentions, some as an occasion to steal from our “lost relatives”.

Then, we truly turned the clock back to a time before patriarchal focused laws, blood quantum, band enrollment and reserves. Because all of those had been imposed on our ancestors. We supported the Elders, who stepped up to the plate and they began to educate the “lost relatives”, challenge the leading First Nations and Métis organization and convinced the Federal government to facilitate Status claims lost because of their past objective to enfranchise all Indigenous Peoples.

We learned from Inuit qaujimajatuqangit, and reclaimed our own societal values. —Happy 75th Birthday, Nunavut!

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We worked together, while respecting the rights of each other’s culture and language. We fought pan-Indigeneity.

We went back to kinship and land, while making space for those who chose to reclaim a nomadic existence. We stopped the pollution of our waterways, the environmental damages caused by unsustainable harvesting of resources.

We thrived. 

It all began as soon as we got rid of the Indian Act and started creating our own rules of engagement.

 

 

 

Three Kateri

Kateri Tekakwitha is an important, controversial Kanien’kehá:ka woman living in the early days of Colonization.

Kateri was a common name in these parts, it appears. But most of them were never elevated to the fame of Saint Kateri – Sainte Catherine in French. I highly recommend this piece from Canada’s History in their April/May 2014 edition (click for the article)

Much of Indigenous history was written by men; White men – mostly missionaries. I’ve previously mentioned reading some of the first books published about us – the “Relations de Jésuites”.

Reconnecting Indigenous women to the Nations they came is an arduous task- fitting puzzle pieces of three Settler languages – Latin, French and English  – several Indigenous languages, Nations who used no last names and lived semi and nomadic lifestyles and missionaries who named everything after Saints.

I feel it is a necessary exercise to find as much as I can about these grandmothers. History books rarely speak of the Indigenous grandmothers, great-aunts and cousins. Birth records offer scarce information about who they were, their community, nation, clan or kin. Meanwhile, their French, English, Scot or Orkneian partners and their male offspring often became famous – if only by their Voyageurs contracts with the fur trade.

I feel it is a necessary exercise to find as much as I can about these grandmothers – especially because my family’s oral history is so male-gendered-centric as to erase the very qualities of my Indigeneity.

At the Sillery Mission, many Nations coalesced, coming from afar to trade. Missionaries used the opportunity to introduce them to roman catholic teachings, convincing some to adopt the christian god. Eventually, First Nation women took Settler men as partners and the christian church recorded their unions, and the birth of their offspring.

Sometimes, missionaries wrote in French – sometimes they wrote in Latin. Retracing their steps becomes even more challenging:

For examples, here is the 1662 marriage record of my 8th great-grandmother – who was called Catherine La Huronne,  Catherine Annennontak – Anenontha  Anén:taks:

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For whatever reason, Catherine is portrayed as a tragic “Sauvagesse” who was married off as a child who had plucked her from a convent where she was abandoned after the tragic death of her father, Nicolas ARENDAKE and the disappeance of her mother Jeanne OTRIH8NDET.

Here’s the thing: there’s no FEU (term meaning dead parents) near their names, and no mention that Catherine is a MINOR. No matter what language a record is written in, those are ALWAYS indicated on marriage records.

Catherine wasn’t a child. Catherine wasn’t an orphan. Catherine’s parents chose to have her EDUCATED. Catherine could READ and could WRITE.

Catherine also bore more than the name spelled many ways. In this retranscription of the registers of the Sillery Mission, Catherine is called “Sylvestri:

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From Le Registre de Sillery (1638-1690), Léo-Paul HÉBERT, Presse de l’Université du Québec, p.199

June 4, 1666
Moi, Ludovic Nicolas de la société de Jésus, en acte solennel du rite de baptême dans la chapelle de Sillery, une fille née récemment du mariage de Jean Duran et Catherine Sylvestri(3) Huron. Parrain était Stephane LeTellier et marraine Marie Meseret. Marie Catherine fût le nom donné à cette fille.

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Catherine, Catharina gave birth to Marie Catharina – Kateri.

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In the Relations des Jésuites, people “disappeared” and were assumed either killed or kidnapped by “bad guys”. Jesuits seemed adept at writing a narrative to illustrate the fierceness of Nations they felt were threatening any plans of assimilation…

Marie Catherine disappeared from the history books, assumed dead or kidnapped. But Kateri actually went on to live a Onkwehonwehné:ha life, married to Kanien’kehá:ka man named Nikanerahtá:á. Their descendants live across Kaniatarowanenneh – I greet them everyday as the sun rises at the Eastern Door.

Niawen’kó:wá for your kindness, Istén:’a as you shared your ancestry with me. 

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All My Relations.