Liens entre les communautés de la Chicot et du Nipissing-Ouest: “li Mitifs sont tissés serrés comme la Flechée”

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Jusqu’à la guerre mondiale, les gens qui quittaient les communautés étaient des êtres d’exception. Les gens ont développé des racines profondes dans leur communauté; dans le cas des communautés métisses, ces racines étaient profondes même avant l’arrivée des colons européens.

Les Voyageurs, eh bien, ça voyageait – et pourtant, comme nous l’avons vu dans les registres, ils sont revenus, ils ont gardé des liens avec leurs parenté et leurs communautés. Ces liens entre communautés ont survécu à travers de nombreuses générations, malgré les difficultés de communication entre elles. Le service postal était une bouée de sauvetage entre parents et amis. Beaucoup de pintes de sirop d’érable se sont dirigées vers l’ouest, tandis que beaucoup de pemmican aux amélanches se dirigeaient vers l’est.

Les surnoms, les histoires, les chansons et les contes rappelaient notre parenté; au fil du temps, tout a été embelli et exagéré afin que l’auditeur reste captivé et pour que l’histoire soit transmise à la génération suivante. Cependant, les contes sont restés suffisamment vrais pour que si vous rencontriez le sujet en question, vous les reconnaissiez instantanément et vous sentiez comme si vous les connaissiez depuis toujours.

Au début des années quatre-vingt, ce qui coïncide avec le début des technologies modernes, la plupart des vieux habitants de nos communautés, qui étaient les conteurs et les porteurs de traditon nous avaient quittés. À mesure que le temps passait, les histoires devenaient de plus en plus douteuses et les technologies modernes faisaient penser qu’il aurait été impossible de rester connectés. Curieusement, avant la technologie, nous n’avions aucun moyen de vérifier les histoires orales – nous savions pourtant qu’elles étaient vraies. Aujourd’hui, nous sommes programmés pour tout voir à travers la lentille de fake news.

Cela me passionne toujours lorsque quelqu’un que je ne connais pas personnellement, mais avec qui je partage de nombreux liens de parenté, partage des histoires que nous avons toutes deux entendues de sources différentes et pourtant communes.

Voici un cas. Cette photo et cette histoire ont été publiées par Mme Viviane Roberge, qui tient une page Facebook merveilleuse sur les événements passés et présents de la ville de St-Gabriel de Brandon, où je suis née.

La plupart de ces noms me sont très familiers: bien qu’elles ne soient pas des ancêtres directs, Celina Corriveau et Calixte Courchesne sont les grands-parents de mon oncle, Rolland Desrochers. Nous sommes liés par son épouse, ma tante Jeanne Mathews.
J’ai eu le plaisir de passer beaucoup de vacances d’été avec tante Jeanne et oncle Rolland. Bien qu’ils soient déménagés en Floride dans les années 50 ou 60, ils revenaient presque chaque été et restaient chez mon grand-père pendant qu’ils rendaient visite à leurs familles respectives. Le frère de l’oncle Rolland était propriétaire du garage en ville et la famille tenait un hôtel et étaient des commerçants réputés.

La famille de l’oncle Rolland était composée de voyageurs chevronnés. Comme beaucoup de familles de notre communauté, elles étaient allées dans de nombreux endroits, comme les Voyageurs que nos ancêtres étaient. Oncle Rolland nous a régalé d’histoires de cousins qu’ils auraient rencontrés au cours de leurs nombreux voyages dans une succession de maisons de rêve sur roues.

Le grand-père de l’oncle Rolland, Calixte Courchene, avait quitté St-Gabriel de Brandon à plusieurs reprises, allant aussi loin au sud que Lowell, dans le Massachusetts, avant de s’enraciner avec ses plus jeunes enfants à l’ouest dans la ville de Lavigne, au Témiscamingue, où Calixte y décède en 1940.

Son fils Télesphore s’est bien assuré que les six épouses soient nommées à l’acte de sépulture.

De son union avec sa deuxième épouse, Marie Louise Allard, naquit Télesphore à St-Gabriel de Brandon en 1897.

Télesphore a épousé Marie Anne Aubin en 1920. Il est toujours reconnu comme Porteur de Traditions par le Centre franco-ontarien de folklore: https://www.cfof.on.ca/porteurs-de-tradition.

Un fils, Narcisse, suivit les traces de son père et est devenu Porteur de Traditions pour la région. Il a publié plus d’une douzaine de livres sur la région du Nipissing Ouest et est également co-fondateur de la Société d’histoire et de généalogie de la région de Sudbury. Devenu un expert dans ce domaine, il a aidé plusieurs membres de sa communauté à produire leur arbre généalogique et à obtenir leur carte de Métis.

BIOGRAPHE DE NARCISSE COURCHESNE

Jusqu’à ce que Mme Viviane Roberge ait postée dans son groupe St-Gabriel de Brandon, d’une génération à l’autre, je n’avais aucune idée du nom de ce Porteur de Traditions, mais j’avais entendu parler du cousin de l’oncle Rolland qui avait même fait le voyage en terre natale de son père au long de la rivière Chicot.

J’aurais aimé savoir cela lorsque j’ai eu le privilège absolu de visiter la région à l’invitation des députés Paul Lefebvre du comté de Sudbury et Marc Serré du comté de Nickel Belt à l’été 2017!

Rencontre de citoyens Métis concernés et de la Fédération Métisse du Canada en août 2017. De gauche à droite: Robert Pilon, Métis de la Saskatchewan, président; Johanne Brissette, Métis de la rivière Chicot, trésorier; Dr. Keen Savard, Métis de la rivière aux Français, consultant; Marc Serré, député de Sudbury et Paul Lefebvre, député de Nickel Belt

Si vous êtes lié à Calixte, Télesphore et Narcisse et que vous souhaitez discuter de nos communautés historiques, envoyez-moi un message!

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Les multiples noms des Métis: un peu plus sur l’origine du Chicot

En tant que document d’accompagnement d’un blog précédent: Iles Dupas et du Chicot , je veux partager avec vous les origines du terme parfois utilisé pour désigner les Métis.

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source: http://www.metisnation.org

Auparavant mentionné, mes aïeux Jacques BRISSET et Louis DANDONNEAU étaient les détenteurs de la seigneurie:

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Le nom Chicot a été documenté en 1860, lorsque Johann G. Kohl a décrit dans un passage de son livre: Kitch-Gami, Vie Parmi les Ojibwés Lac Supérieur dans lequel il raconte sa discussion en français avec un homme métis qu’il rencontrait lors de ses voyages:

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En l’absence d’autres informations, Kohl et beaucoup après lui déduit que Chicot signifiait sa traduction française comme “souches mi-brûlées”, et associé avec le teint des Métis qu’il rencontrait.
Chicot, comme beaucoup de noms donnés aux Peuples Autochtones tels que Nipissing, Ahousat, Yellowknives, Mississaugas etc., est en fait un nom de lieu. Chicot est une rivière qui se jette dans l’archipel entre Trois-Rivières et Montréal, entre Berthier et Sorel à l’île Dupas.

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La rivière Chicot, en amont, prend son départ entre St-Gabriel de Brandon et St-Didace court en direction Sud à travers les communautés de St-Cuthbert, Saint-Norbert et se décharge dans le Saint-Laurent à l’île Dupas. Il est l’un des nombreux cours d’eau utilisés par les Voyageurs, ayant connus sa navigation à partir de leurs famille des Premières Nations. Comme les îles et les villes voisines étaient devenues bondés de colons attirés par le poste de traite à proximité, les Métis et les Premières Nations pagayèrent leur chemin en amont et se construsirent des communautés le long de ses rives.

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Il est remarquable de souligner les noms des communautés qui ont été utilisés par les Chicots lorsqu’ils s’installèrent dans les communautés le long de la rivière Rouge dans ce qui est devenu le Manitoba: «Brandon» et «St-Norbert».

Le Centre du patrimoine au Manitoba, gardien du patrimoine francophone et métis de l’Ouest canadien a récemment souligné que la municipalité de Taché, Manitoba a récemment reconnu l’importance de Saint-Cuthbert non seulement comme lieu d’origine de sa famille mais aussi comme lieu d’origine de plusieurs familles. Cliquez ici pour plus d’informations

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Extrait:

Une Langue of à Nous: La genèse du michif, la langue crie mixte-française des Métis du Canada, Peter Bakker, Oxford University Press, 5 juin 1997

Autres lectures: (version française non-disponible – titres traduits à titre informatif seulement)

Kitchi-Gami: la vie parmi les Ojibway, Johann Georg Kohl, St.Paul: Minnesota Historical Society Press, 1985

One of the Family: Métis Culture in Nineteenth-Century Northwestern Saskatchewan, Brenda Macdougall, UBC Press, 1 janvier 2011

Contours d’un peuple: Metis famille, mobilité et d’ histoire, Nichole St-Onge, Carolyn Podruchny, Brenda Macdougall, University of Oklahoma Press, 18 déc 2014

Foire aux questions, Métis Nation of Ontario (cliquer pour le lien –en Anglais seulement)

#Métis Ruling: So now what?

Yesterday was the Supreme Court Ruling about giving Thanks and acknowledgement to the people who sacrificed so much to get to the highest court in the land. For a plain language interpretation of the ruling, my friend Dr. Sébastien Malette, who helped the Métis Federation of Canada prepare their Factum for the cause, has taken the time to explain to me what the ruling means. Click here to see his take on it.

Today and henceforth, the hard work begins.

So now what?

This is where the Nation – or Community – comes to play.

Metis ruling

Nations AND CommunitiesPlural.

I refuse to wallow in negativity – it’s standing room only in there already. I have no desire , claim to fame or recognition because it’s not even close to being part of my wheelhouse. Notice: no PayPal button anywhere on my blog.

My community is Nitaskinan. My ties are tied to the land of my Indigenous ancestors. The home and hearth of my many First Nations ggggrandmothers. The Settler construct of ownership is not part of my wheelhouse either.

Treaty Métis (Otipemsiwak?) needs are different than Unceded-Land Métis (Abitawisiwak?). Even though some of us have indeed kinship connections, the land which claims us is as different as the harvest she gives to nourish us.

My community sits on Atikamekw land for which a Comprehensive Land Claim and Self-Government Negotiations currently being negotiated with Indigenous and Northern Affairs Canada.

My community may need to re-learn our Oral History. My community may need healing. My community may need Economic Development.

Settlers living on Atikamekw Land need Truth, Humility, Honesty, Wisdom, Respect, Courage and Love and implement all 94 Calls to Action of the Truth and Reconciliation Commission of Canada.

My community will need to rekindle our kinship with the Atikamekw Nation and help our Community as Stewards of Nitaskinan.

Kwei. Qallunette nit icinikason!  Nitaskinan ni otcin. Ni mireriten!

 

La question: Aaniin odoodemaayan?

 

Aaniin odoodemaayan?

Je ne peux pas répondre à cette question. Je sent parfois comme si la réponse m’a été volée. Mais je continue à la chercher.

Le nom d’origine de la rivière St-Maurice était “Métabéroutin”, nom Algonquin qui signifie “décharge du vent”; la Nation Atikameks de Haute-Mauricie la nomme toujours “Tapiskwan Sipi”, la “rivière de l’aiguille filée”.La Nation Abénaquis la nomme “Madôbaladenitekw” ou la “rivière qui se termine”.

Une rivière. Plusieurs noms. Des noms qui veulent dire quelque chose, qui informent du terrain. Des noms Autochtones.

En cherchant ma généalogie matriarchale, beaucoup de mes ancêtres “apparaissent” de nulle part. Des irrégularités d’orthographe dans les registres de l’Église, des entrées manquantes, des espaces vides. Pleins de culs-de-sac.

État et l’Église; Église et l’État. Travaillant ensemble en étroite collaboration aussitôt les Jésuites remplacés par les Sulpiciens en tant que curatelle des registres de Kebec / Nouvelle-France / Bas-Canada / Canada-Est / Québec. La Société Notre-Dame de Montréal, fondée par De la Dauversière , avait pour but de convertir et civiliser les Peuples Autochtones, suite aux directives du Roi Louis XIV et la dissolution de la Compagnie des Cent-Associés de la Nouvelle-France.  

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Séminaire Saint-Sulpice, Tiohtià: ke.

Comment pourraient-ils civiliser mes ancêtres?

Traduire leurs noms, il semble. Les * Franciser *, peut-être?

En lisant les “Relations des Jésuites” (1632-1673),  on peut conclure que Lallemont, LeJeune, Bréboeuf et autres ont fait une tentative d’enregistrer les noms sous la forme écrite plus proche possible. On peut reconnaître les protagonistes communs des différents auteurs même si l’orthographe diffère.

Par exemple, Noël Negabamat, Tekouerimat, Tek8erimat était un guide constant des premiers Jésuites. Plus tôt dénommé Noël Negabamat, Père LeJeune a veillé expliquer son changement de nom qui refléta son ascendant au rôle de capitaine de sa communauté. Ironie du sort, capitaine dechasse est le terme également utilisé par les Métis Otipemsiwak des Prairies.

Comme nous pouvons constater dans la correspondance plus tard, Capitaine Noël Negabamat Tekouerimat pouvait converser en français et en anglais – après avoir passé du temps avec les Anglais dans la terre des Abénakis:

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Correspondance entre Noël Negabamat Tekouerimat, Capitaine Chrétien, à Père LeJeune en France, Relations des Jésuites, 1654.

Qu’en est- il de *l’autre* Noël? Mon ancêtre Noël Langlois?

Enregistré en tant que Pilote (capitaine) du Fleuve Saint-Laurent et pêcheur. Dont l’ identité est vivement débattue, mais dont la généalogie est bien documentée. Dont les descendants vivent sur la terre Atikamekw de Nitaskinan que les colons appellent Lanaudière et Mauricie?

Un autre de mes ancêtres et l’ancêtre de nombreux Voyageurs, Hivernants et de Métis Otipemsiwak.

C’est peut-être seulement qu’une coïncidence que ces 2 Noël du même âge vivaient côte à côte à Kamiskoua-Ouangachi – la Mission de Sillery. un Chef chrétien Autochtone et un Colon. L’un capitaine et pêcheur – l’autre un pilote et pêcheur.

Regardons d’autres noms Autochtones qui ont été francisé par les missionnaires sulpiciens:

LAMONTAGNE – Watso

PISSENNE:

MICHEL:

Îles Dupas et du Chicot: capitale des Métis de l’Est, ou centrale de rendez-vous des Voyageurs?

Soyez indulgent avec moi pour quelques instants:  Je dois revenir en arrière avant d’aller vers l’avant.

Grâce à mes recherches, j’ai pû retrouver des preuves empiriques correspondant à l’histoire orale de la migration des première descendants issus de l’union des femmes des Premières Nations et des Colons Français précédemment racontés sur ce blog. Voici un aperçu rapide de la chronologie de évènements importants à cette histoire:

1637 – 1686: Mission jésuite de Sillery – lieu de rencontre des Atikamekw, Abénaqui, Innu et refuge des survivants du Massacre de l’Huronie.

Sillery
1670 Naissance de Louis DURAND, fils de Catherine ANENONTA, Attignawantan (clan de l’Ours) et Jean DURAND, Colon français à la mission de Sillery, Québec

Anenontha Ancestry

1690 Achat de la Seigneurie des Îles Dupas et du Chicot par Jacques BRISSET et Louis DANDONNEAU, premiers Colons français. Marguerite DANDONNEAU était à la fois soeur de Louis et épouse de Jacques:

 

1696 Louis DURAND se rend à Michilimakinac – voir plus ici: La Légende de Louis Durand un des premiers Voyageur dont l’histoire est largement documenté. Son descendant, également nommé Louis DURAND, lui-même établi dans l’Ouest, dans la province actuelle de l’Alberta – voir plus ici: Les Grands Voyages de Louis Durand

1740 Décès de Louis DURAND à Lanoraie, Lanaudière, Québec.

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Mais tout ça prouve simplement qu’une seule ancêtre autochtone, non? Ça demande sûrement un ti-peu plus pour en faire une communauté, non?

Absolument d’accord. Regardons donc d’autres femmes de Premières Nations et leurs descendants: (il y en a davantage, mais il n’existe aucun acte de marriage, ni autre preuve écrite qu’elles/ils étaient issus de communautés Autochtones)


Ci-dessous sont les communautés, dans l’ordre d’arrivé des descendants de ces femmes Autochtones: Sorel, Berthierville, Lavaltrie, Sainte-Elisabeth, Saint-Cuthbert, Saint-Norbert, Mandeville et Saint-Gabriel.


Je n’ai (encore) pu trouver preuve empirique expliquant les raisons pour lesquelles la descendance de ces femmes Autochtones sont venues à être voisins, en dépit de leurs différentes Nations Autochtones. Les actes de marriage dont un conjoint est d’une Première Nation n’indiquent pas les noms des parents non-baptisés.

Tous les registres des naissances, mariages et décès, tous les contrats et autres documents juridiques ont été rédigées par des hommes, avec et pour des hommes. Sous le Régime français, seuls les hommes pouvaient légalement effectuer ces transactions – Ce n’est qu’en 1976 que les femmes avons pleinement acquises nos droits en vertu de la Charte des droits et libertés du Québec.

En toute évidente, la position géographique des Îles Dupas et du Chicot en font d’elles l’emplacement idéal sur l’autoroute hydrographique des Voyageurs, centralisé aux quatre points cardinaux.


Mes ancêtres, Jacques BRISSET et Louis DANDONNEAU, Seigneurs Courchesne et DuSablé, semblaient attirer de nombreux descendants des Premières nations aux Îles Dupas et du Chicot, ainsi que les  îles avoisinantes de l’archipel.

Ils ont sans équivoque pû rallier Nitaskinanla terre des Atikamekw, Nistassinan – la terre des Innus, Wâbuna’ki – la terre des Abénaquis, Kanien’kehá: ka – la terre des Haudenosaunee et Waabanakiing – la terre des Anishinaabe.

Une chose est sans équivoque: en regardant mes propres Arrières Grand-Mères à moi, les Métis Lanaudois sont le résultat génétique et culturel d’un grand métissage entre les nombreuses Premières Nations et les premiers Colons.

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Je vous transmets me voeux sincères d’Amour et de Paix pour Ostara, Pâques et Pesah.

Mitakuye Oyás’iŋ.